Les premières lignes #5

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Le Musée invisible

Noah
13 ans

C’est comme ça que ça commence.

Avec Zephyr et Fry, les sociopathes en chef du quartier, me pourchassant à travers bois, et le sol qui tremble sous mes pas à mesure que je fends l’air entre les arbres, totalement paniqué.

– Tu vas crever, chochotte ! hurle Fry.

Alors Zephyr me rattrape, me plaque un bras, puis les deux, dans le dos, et Fry s’empare de mon carnet de croquis. Je me jette sur lui mais je suis manchot, totalement impuissant. Je me débats et tente de me libérer de la poigne de fer de Zephyr. Impossible. Je cligne des yeux pour les transformer en insectes. Non. Ils restent eux-mêmes : deux brutes épaisses de quatre mètres cinquante et élèves de seconde dont le passe-temps favori consiste à jeter des petits mecs de treize ans comme moi du haut des falaises, juste pour rigoler.

Zephyr me fait une clé de bras par-derrière. Son torse exerce une pression contre mon dos, et réciproquement. On baigne tous les deux dans la sueur. Fry commence à feuilleter mon carnet. « Alors, t’as fait de jolis dessins, Bubble ? » Je l’imagine en train de passer sous les roues d’un camion. Il brandit soudain une page. « Hé, Zeph, mate un peu ces mecs à poil ! »

Le sang se fige dans mes veines.

« Ce ne sont pas des mecs. Ce sont des David », dis-je tout en priant pour ne pas avoir la voix d’une gerbille ou pour qu’il ne découvre pas mes croquis les plus récents, c’est-à-dire ceux d’aujourd’hui, que j’ai réalisés en les regardant tous les deux sortir de l’eau avec leurs planches de surf sous le bras, sans combinaison ni rien, hyper luisants de partout et, heu… se tenant la main. OK, j’ai peut-être pris quelques libertés artistiques. Ils vont fatalement penser que… Ils vont me buter avant même de m’avoir tué, voilà ce qui va se passer. Le monde se met à sautiller autour de moi. Je jette des mots au visage de Fry : « Tu sais, Michel-Ange ? Ça te dit quelque chose ? »

Le soleil est pour toi de Jandy Nelson, 468 pages, éditions Gallimard, collection Scripto, 2015

Laurine

Six of Crows, tome 1

sixofcrows

Pendant ce confinement, je souhaitais me plonger dans une lecture réconfortante et dans un univers familier. Certains choisissent Harry Potter, de mon côté j’ai décidé de relire le premier tome d’une de mes sagas préférées : Six of Crows de Leigh Bardugo !

Nous sommes à Ketterdam, une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « Dirty Hands ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : Matthias, un soldat assoiffé de vengeance, Jesper, un tireur d’élite accro au jeu, Wylan, un jeune fugueur des beaux quartiers, Inej, une espionne défiant les lois de la gravité, et Nina, une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant…

Dans les premiers chapitres, nous sommes directement plongés dans cette sombre ambiance, comparable à celle que l’on retrouve dans Peaky Blinders, avec ces guerres de gangs, cette violence et ces bagarres… Chasseurs, sorcières, malfrats et voleurs cohabitent. Nous pouvons être un peu perdus et nous ne comprenons pas tout tout de suite car il faut nous habituer au vocabulaire employé. Cet univers se révèle au fur et à mesure être très riche et très bien construit. Les deux cartes au début de l’ouvrage nous aide à nous repérer et nous apprenons l’histoire de Ketterdam et des Grishas, ces hommes et femmes à la magie détestée ou convoitée…

Quel est le moyen le plus facile de voler son portefeuille à un homme ?

– Un couteau sous la gorge ? répondit Inej.

– Un pistolet dans le dos ? proposa Jesper.

– Du poison dans son verre ? suggéra Nina.

– Vous êtes monstrueux, s’indigna Matthias.

J’aime la noirceur des personnages, ils ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Ce sont des antihéros. Ils sont vendus comme des méchants et ils le sont ! Ils savent parvenir à leur fin dans cette aventure, particulièrement Kaz. Certaines scènes sont d’ailleurs assez violentes. Mais je tiens énormément à eux car ils se révèlent être très attachants. Ils font la force de Six of Crows. Ils sont tous là pour une raison et ils ont tous un rôle à jouer.

Nous accédons à leur point de vue et grâce à des retours en arrière, nous apprenons à les connaître et à connaître leur passé, les liens qui les unis parfois. Ils sont uniques et originaux. Les psychologies sont développées. Ils ont tous des peurs, des faiblesses, des doutes… Ils sont humains. Je souligne aussi que les personnages féminins sont débrouillardes, fortes et savent se défendre ! Elles prennent des décisions. Elles n’ont besoin de personne et c’est appréciable.

– Je suis un homme d’affaires, lui avait-il dit. Ni plus, ni moins.

– Tu es un voleur Kaz.

– N’est-ce pas là ce que je viens de dire ?

Il y a énormément d’humour noir. Les personnages lancent des punchlines parfois piquantes et certains dialogues sont savoureux ! J’ai adoré cette équipe. On ne peut pas prédire ce qui va leur arriver avant la fin. On frémit, on a peur pour eux, on est surpris. C’est hyper addictif et on enchaîne les chapitres ! L’intrigue est rythmée et intéressante. On ne s’ennuie jamais. Il y a beaucoup d’actions et de révélations. La fin en cliffhanger nous donne une seule envie : Nous jeter sur la suite !

Six of Crows, tome 1 de Leigh Bardugo, éditions Milan, 2016, 559 pages, 9782745978622

Laurine

Les premières lignes #4

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Couverture Respire

Il est des heures où, depuis la nuit, glisse une ombre froide et incolore. Elle se laisse couler tout le long du couloir central, avant de se faufiler sous les portes en ferraille jusqu’à ce petit espace restreint encerclé par les murs des cellules. Et c’est cette même opacité qui vient nous rendre visite chaque soir, fidèle, inaltérable. On a beau passer des heures à regarder ce vide qui soudain enveloppe le monde sous nos yeux, il arrive que l’on ne puisse plus deviner aucun repère avant la pointe du jour, derrière les grilles électriques qui emmurent la cour, dans ce néant sans fin ni commencement.

Respire de Anne-Sophie Brasme, 190 pages, éditions Le Livre de Poche, 2001, 2253153648

 

J’ai vu l’adaptation cinématographique réalisée par Mélanie Laurent et qui est disponible sur Netflix. Je vous invite à voir ce film qui est l’un de mes préférés. Je l’ai à la fois aimé et détesté.

 

Esprit d’hiver

Couverture Esprit d'hiver

Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzards s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

J’essaye de diversifier mes lectures le plus possible et c’est pour cette raison que je me suis dirigée vers Esprit d’hiver de Laura Kasischke. Il s’agit d’un roman contemporain. Je l’ai lu dans le cadre du readathlon organisé par la chaîne de Eli Watson.

Ce fut une lecture assez décevante et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Dans ce livre, nous faisons la connaissance d’Holly. C’est le matin de Noël et elle vient de se réveiller avec un sentiment bizarre. En effet, elle ne cesse de se répéter : « Une chose les avait suivis depuis la Russie ». Elle et son mari Eric ont adopté il y a des années une petite fille, Tatiana, en Sibérie. C’est aujourd’hui une adolescente. Cette dernière ne cesse d’agir bizarrement.

J’ai trouvé ce roman très très long. Pourtant, il ne fait que 294 pages. Il n’y a aucune action. Nous sommes dans les pensées de Holly et dès le départ on sent que quelque chose ne va pas. L’ambiance est spéciale et la tension monte petit à petit. C’est comme un huit-clos car Holly se retrouve bloquée dans sa maison avec sa fille. Il neige dehors, aucun des invités ne peut venir pour fêter Noël. Son mari a quitté la maison pour aller chercher ses parents à l’aéroport et ne donne plus de nouvelles. Holly reçoit des appels bizarres…

Ce profil :

Les yeux baissés. Le regard fixe. Une beauté ancienne sculptée par une personne dont l’identité s’était perdue dans le temps. Et le message ancien qu’elle portait, qui semblait être : Contemple-moi, je suis là sans être là, issue de toi mais séparée de toi.

Nous voilà partis dans une introspection et des pensées confuses. Il y a tellement de répétitions (Combien de fois lisons-nous le mot « Sibérie » ?), de descriptions inutiles et de retours dans le passé… Ces retours dans le passé sont essentiels à l’histoire, nous le comprenons à la fin du livre mais il y en a tellement dès le départ que ça devient très vite ennuyant. J’avoue avoir lu en diagonale une bonne partie du roman.

Pourtant, malgré tout cela, la plume de Laura Kasischke est agréable. Elle aborde des sujets intéressants, comme la maladie, la reconstruction, les liens mère/fille et l’adoption. La fin est étonnante et surprenante mais l’ensemble ne m’a pas plu du tout ! Dommage.

Esprit d’hiver de Laura Kasischke, 294 pages, éditions Christian Bourgeois, 2013, 20€, 2267025221

Laurine

Les premières lignes #3

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Danse avec les loups - Michael Blake - Babelio

CHAPITRE I

1

Le Lieutenant Dunbar ne fut pas véritablement avalé, mais ce fut le premier mot qui lui vint à l’esprit. 
Tout était immense.
Le grand ciel sans nuages. L’océan d’herbe ondulant. Rien d’autre, où qu’il posât les yeux. Pas de route. Pas de traces d’ornières que le grand chariot aurait pu suivre. Juste un immense espace absolument vide. 
Il était à la dérive. Il était totalement seul. Cela faisait bondir son cœur d’une manière étrange et profonde. Assis en plein air sur le siège plat, laissant son corps osciller au rythme de la prairie, les pensées du Lieutenant Dunbar se focalisèrent sur son cœur bondissant. Il était excité. Pourtant, son sang ne bouillonnait pas, son pouls était lent. La contradiction lui agitait délicieusement l’esprit. Des mots tournaient constamment dans sa tête, tandis qu’il essayait de formuler les phrases ou les tournures de style qui lui permettraient de décrire ce qu’il ressentait. Il était difficile de mettre exactement le doigt dessus.

Danse avec les loups de Michael Blake, 317 pages, éditions J’ai Lu, 1991, 227722958X

Laurine

Pandora Hearts [Saga]

Couverture Pandora Hearts, tome 01

Résumé : Oz Vessalius, 15 ans, est l’héritier d’un des quatre grands duchés du pays. Le jour de sa cérémonie de passage à l’âge adulte, des bourreaux masqués le précipitent dans un monde sombre et confus : l’Abysse, pour un crime dont il ignore tout. 

Depuis des mois, ma sœur m’incite à commencer la série Pandora Hearts. Ne sachant pas quoi lire, j’ai enfin sauté le pas en lisant ce premier tome !

Nous faisons la connaissance du personnage d’Oz. C’est un garçon de 15 ans et l’histoire se passe le jour de sa cérémonie de passage à l’âge adulte. Il vit avec son oncle dans un grand domaine et il est l’héritier d’une des plus grandes familles du pays. Mais tout ne se déroule pas comme prévu durant la cérémonie… Oz arrive dans un monde parallèle au nôtre appelé l’Abysse.

Il faut savoir que je ne suis pas une très grande fan du format manga. J’hésite toujours à en commencer un. Je ne suis pas forcément celle qui fera le plus attention aux dessins. Pour Pandora Hearts, je peux quand même dire que j’ai bien apprécié le coup de crayon de Jun Mochizuki. Les dessins sont agréables à regarder et ne sont pas brouillons.

Pandora Hearts – tome 1 de Jun Mochizuki | Fant'asie

Concernant le scénario… Il y a énormément de clins d’œil à Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll ! Un des personnages s’appelle Alice, un autre aime boire du thé, Oz trouve une montre avant de tomber dans un trou, nous apercevons un lapin… J’ai apprécié ces références.

Je ne sais pas encore ce que nous réserve la suite. J’ai parfois été un peu perdue. En effet, l’action arrive très vite, il y a beaucoup d’informations et de nombreux personnages nous sont présentés. J’aime beaucoup celui de Gilbert et l’amitié qu’il a avec Oz. Il y a quelques scènes « violentes » mais rien de choquant. J’ai hâte d’en savoir plus sur l’Abysse, sur l’organisation Pandora et sur le personnage d’Alice !

Pandora Hearts, tome 1 de Jun Mochizuki, 178 pages, éditions Ki-oon, collection Shonen, 2010, 7,65€, 9782355921759

 

Couverture Pandora Hearts, tome 02

Résumé : A sa sortie de l’Abysse, Oz est recueilli par la famille Rainsworth. Après avoir scellé les pouvoirs d’Alice, Sharon et Xerxes proposent à leurs invités de travailler pour l’organisation Pandora. Leur première mission : mettre la main sur un contractant illégal qui fait des ravages dans la ville voisine. Oz compte bien en profiter pour découvrir quel est le crime dont l’accusent les Baskerville, mais le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises. En effet, le monde qui l’entoure semble avoir bien changé depuis qu’on l’a plongé dans les profondeurs de l’Abysse…

(Cet avis contient quelques spoils)

 

J’ai directement enchaîné avec ce deuxième tome, curieuse d’en savoir plus et j’ai bien fait ! Les personnages commencent à se dévoiler et nous pouvons cerner leurs personnalités et leurs intentions (plus ou moins bonnes). J’ai encore du mal à savoir si j’apprécie ou non Xerxes et Sharon. Ils ont l’air d’en savoir plus qu’ils ne le disent… Concernant notre personnage principal Oz, il se révèle être très positif et philosophe avec tout ce qu’il lui arrive ! J’ai été étonnée, il ne panique pas beaucoup. D’autres personnages font leur apparition comme le personnage de Raven, que j’aime beaucoup.

Ce deuxième tome est aussi riche en révélations, dont une qui explique pourquoi le monde qui entoure Oz a changé depuis son retour de l’Abysse… Je ne m’y attendais pas du tout ! J’en ai lâché mon livre. Mais cela explique beaucoup de choses. Enfin, nous assistons à un premier souvenir d’Alice. Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Et nous ne savons toujours pas de quel crime est accusé Oz. Nous apprenons juste l’existence de cette horloge sur sa peau… L’Abysse se révèle très intéressant. Seul petit bémol, à mes yeux certaines scènes d’actions sont un peu brouillonnes mais c’est peut-être parce que je n’ai pas l’habitude de lire des mangas.

Pandora Hearts, tome 2 de Jun Mochizuki, 178 pages, éditions Ki-oon, collection Shonen, 2010, 7,65€, 2355921768

Laurine

Le manuscrit inachevé

Couverture Le manuscrit inachevé

Résumé : Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme qui conduisait n’était pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d’un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu’il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l’horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un livre que j’ai lu en vingt-quatre heures. Il s’agit de Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez… Ah Franck Thilliez ! L’un de mes auteurs préférés dans le monde du thriller français. Il m’épate à chaque fois, que ce soit avec ces one-shot ou avec sa série Lucie Hennebelle et Franck Sharko, où nous suivons un duo de flics acharnés. Ici, il s’agit d’un one-shot.

Dans les premières pages, un homme nous explique que son père est un célèbre auteur décédé il y a peu. Derrière lui, il laisse le manuscrit inachevé de son roman appelé Le manuscrit inachevé. En accord avec la maison d’édition, il décide de le publier. C’est donc lui qui a écrit les derniers chapitres du roman que nous lisons.

Nous suivons deux points de vue différents dans Le manuscrit inachevé. Tout d’abord, celui de Léane Morgan, une célèbre autrice de thrillers. Sa fille Sarah est portée disparue depuis quatre ans. Elle vit avec son mari dans une villa appelée L’inspirante. C’est ici que tout va commencer… Son dernier roman, Le manuscrit inachevé, vient de paraître.

En parallèle, une enquête à première vue tout à fait banale. Un jeune de vingt ans échappe à un contrôle de police sur une route du sud de la France et termine sa course dans un ravin… Dans son coffre, les policiers découvrent un cadavre qui n’a plus de visage et une paire de mains. Sympathique, n’est-ce pas ? L’enquête est dirigée par Vic, un flic détesté par son ex-femme, par sa fille… et même par sa chienne. Il détient une mémoire incroyable et peut retenir les moindres détails, même les plus insignifiants.

Un roman est un jeu d’illusions, tout est aussi vrai que faux, et l’histoire ne commence à exister qu’au moment où vous la lisez.

Je ne souhaite pas vous en dévoiler plus. J’ai d’ailleurs fait le choix de raccourcir le résumé proposé par l’éditeur car, à mes yeux, il en dévoile trop et c’est bien dommage ! Car ce que j’aime chez Franck Thilliez, c’est justement cet effet de surprise et les rebondissements qu’il nous propose. Le manuscrit inachevé n’échappe pas à cette règle !

Le personnage de Léane est déterminée à connaître la vérité sur la disparition de sa fille. Ici, la thématique de la mémoire est abordée, que ce soit pour l’amnésie ou au contraire l’hypermnésie. C’est très intéressant. Les chapitres sont courts et les révélations s’enchaînent. Des tiroirs s’ouvrent, d’autres se ferment… Il y a beaucoup de références à Sherlock Holmes.

Impossible pour moi de connaître la fin avant de la lire. Vous vous en doutez, les deux histoires qui semblent totalement opposées l’une à l’autre se croisent pour un final… surprenant !

Beaucoup de personnes semblent déçues par cette fin et je peux le comprendre. Ma première pensée fut « Tout ça pour ça ?! ». En effet, elle paraît expédiée et toutes les réponses ne sont pas données au lecteur. Mais Franck Thilliez joue encore avec nous… Il suffit de savoir lire entre les lignes… Grâce aux indices dispersés entre les lignes, c’est à nous lecteur de décider de la fin qui nous convient ! C’est malin. Si certains souhaitent une aide pour la décoder, n’hésitez pas à me le demander.

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez, 524 pages, éditions Fleuve, collection Noir, 2018, 21,90€, 9782265117808

Laurine

Une cosmologie de monstres

Résumé : La Famille Turner, de Vandergriff (Texas), se tient sur le seuil d’un monde terrifiant dominé par une cosmologie de monstres.

Est-ce le leur ou est-ce le nôtre ?

J’ai eu la chance de gagner ce livre lors d’un concours organisé par Albin Michel sur Twitter il y a pas mal de temps. Je les remercie encore pour cet envoi.

Je n’ai jamais lu de roman comme Une cosmologie de monstres.

Nous suivons la famille Turner sur plus de 50 ans. Dans les années 1960, Harry et sa femme Margaret sont les créateurs d’une maison hantée appelée la Promenade des Ténèbres. Ils ont 3 enfants, Eurenice, Sydney et Noah. Harry décède peu de temps après la naissance de ce dernier, d’une tumeur au cerveau. Une drôle de créature rôde autour de la maison. Des enfants disparaissent les uns après les autres. Voici le résumé que je peux vous donner, même si Une cosmologie de monstres, c’est bien plus que cela.

Une maison hantée. Margaret y associait cette créature-loup aux yeux orange aperçue à la fin de la visite de la Maison de la Peur. Enveloppée dans une cape rouge, elle avait pointé Margaret du doigt, comme si elle jetait son dévolu sur elle, juste avant que Harry la propulse dans le toboggan. Elle l’avait déjà vue une première fois, derrière la vitre, avant son hallucination dans la voiture de Pierce Lombard, quand des insectes avaient surgi du front du jeune homme. Elle n’en avait jamais discuté avec Harry. Tout comme elle ne lui avait pas parlé de ses rêves peuplés de hurlements, de loups et de bébés étranges. Le moment semblait mal choisi à présent.

« Alors, explique-moi, dit-elle, serrant sa main plus fort. Comment la construction d’une maison hantée dans notre jardin va-t-elle changer quoi que ce soit ?

— Je n’en suis pas certain, répondit-il. Mais ça paraît important. J’ai l’impression que ça m’aidera à comprendre la suite. »

C’est d’abord une ambiance particulière. Un mélange d’horreur et de fantastique. J’ai même ressenti parfois du malaise. La première partie du roman est plutôt longue et j’ai bien failli abandonner. Je ne voyais pas où l’auteur voulait nous emmener. Pourtant, il est intéressant de suivre le développement de la Promenade des Ténèbres et l’auteur s’attarde sur la création des maisons hantées. Donc je me suis accrochée. Shaun Hamill fait beaucoup référence à l’auteur H.P Lovecraft et cite plusieurs de ses livres. Je n’ai jamais lu H.P Lovecraft mais désormais je suis bien curieuse de découvrir sa plume.

Qu’en est-il de la plume de Shaun Hamill ? C’est l’un des points positifs de ce roman. Elle est très agréable et surtout très visuelle. La quatrième de couverture le souligne et je le souligne aussi car il est rare que je parvienne à visualiser aussi bien les scènes que je lis. Ce roman peut être la base d’une très bonne série d’horreur et de fantastique.

La deuxième partie du roman est beaucoup plus intéressante. Le narrateur, Noah, atteint l’âge adulte. Ce n’est pas le personnage que j’ai préféré dans la famille Turner. Dommage car il était à la tête du récit. De nombreuses thématiques sont abordées comme les maladies mentales, l’homosexualité ou encore la dépression. Des sujets assez difficiles. J’ai beaucoup aimé la deuxième partie ainsi que la fin du roman. J’aurais juste souhaité davantage d’explications sur les monstres et sur la Cité.

Cet avis est un peu brouillon et je m’en excuse. J’ai apprécié cette lecture. L’ambiance dans laquelle nous sommes plongés, la thématique des maisons hantées et la plume de Shaun Hamill sont pour moi les points les plus forts de Une cosmologie de monstres. Je ne peux pas comparer cela à du Stephen King car Stephen King reste le maître de l’horreur. Mais je vous invite à découvrir ce titre et je suis curieuse de voir ce que l’auteur peut nous proposer par la suite.

Une cosmologie de monstres de Shaun Hamill, 416 pages, éditions Albin Michel, collection Imaginaire, 2019, 24€, 9782226439048

Laurine

Les premières lignes #2

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Ouverture

Qu’est-ce qu’on m’avait raconté, déjà ?
J’ai du mal à m’en souvenir parce que ça m’avait semblé incroyable, alors, et ça me semble risible aujourd’hui…
Ah, oui.

Que j’allais souffrir. Parce qu’il voulait toujours avoir le dernier mot. Que si je lui tenais tête, il m’écraserait. Que si au contraire je faisais mine de m’intéresser à ce qu’il raconte, il allait m’assommer, tant il s’écoutait parler. Que tout plein de femmes – infirmières, externes, internes – étaient passées dans son lit, un jour ou l’autre. Que beaucoup de patientes – les plus baisables, évidemment ! – y passaient elles aussi… et qu’il n’avait rien contre les garçons ! Qu’avec – ou peut-être grâce à – ma belle gueule, il essaierait sûrement de me coller dans son lit. Et que si par bonheur je ne l’intéressais pas, il me ferait une vie impossible. Bref : qu’il était insupportable.

Le Chœur des femmes de Martin Winckler, 688 pages, éditions Folio, 2011, 10€30, 9782072722677

Laurine