Nick and Charlie

Couverture Nick and Charlie

Résumé (traduction personnelle) : Tout le monde sait que Nick et Charlie forment le couple parfait, qu’ils sont inséparables. Mais maintenant, Nick part à l’université et Charlie va rester en sixième année (ndlt : équivalent du baccalauréat en France). Tout le monde se demande s’ils vont rester ensemble, ce qui est une question stupide – ils sont « Nick et Charlie » pour l’amour de Dieu !

Mais alors que le moment de se dire au revoir se rapproche inévitablement, Nick et Charlie se demandent si leur amour est assez fort pour survivre à la séparation. Ou sont-ils en train de retarder l’inévitable ? Car tout le monde sait que les premiers amours ne durent pas toujours…

Nick and Charlie: Amazon.fr: Oseman, Alice, Oseman, Alice: Livres anglais  et étrangers
Extrait pages 30 et 31

Dans ce court roman illustré, qui se déroule après Heartstopper et L’année Solitaire, nous retrouvons les personnages de Nick et Charlie.

J’ai vraiment aimé cette lecture. Comme dans tous ses livres, Alice Oseman aborde des sujets importants avec justesse et réalisme. Ici, l’importance de communiquer dans un couple. Charlie se sent mal à l’approche du départ de Nick pour l’université – il va rester seul, son quotidien ne sera plus le même et il a peur que Nick le quitte.

Je suis très attachée aux personnages de Nick et Charlie et je suis ravie d’en savoir plus sur leur futur et sur leur avenir ensemble. J’ai même lâché une petite larme, car c’est dur de les voir se disputer ! Mais ne vous inquiétez pas, c’est aussi une lecture réconfortante et pleine de douceur. La plume d’Alice Oseman est très accessible en anglais, pour ceux et celles qui hésitent à se lancer ou qui n’ont pas envie d’attendre la traduction en français (prévue plus tard dans l’année par Hachette).

It’s like, if you had to provide evidence for soul mates, everyone would pick you two.

Nick and Charlie de Alice Oseman, 177 pages, éditions HarperCollins, 11€, 9780008389666

Laurine

La délicatesse

Résumé : Tout va pour le mieux pour la belle et discrète Nathalie jusqu’au jour où elle perd l’homme qu’elle aime dans un accident. Elle sort de son deuil d’une façon inattendue, par un baiser anodin avec un collègue de travail qui n’avait a priori rien pour lui plaire.

Dans les premières pages de La délicatesse, nous assistons à la rencontre de deux personnages, Nathalie et François, et au début de leur histoire d’amour. Je pensais que le roman allait tourner autour de cela et que j’allais suivre le développement de leurs sentiments, de leur vie… Pas du tout ! Le drame arrive soudainement avec la mort de François. Nathalie se retrouve seule. On suit alors les jours d’après, comment elle vit cet évènement tragique, les questions qu’elle se pose, les souvenirs qui l’envahissent, mais aussi les réactions de ses collègues et des personnages secondaires qui gravitent autour d’elle (amis, famille, collègues…) Au final, ce roman traite de plusieurs sujets, dont le deuil (les différentes phases, la vision de la société…)

Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi penser de ce roman et j’ai du mal à comprendre l’engouement qu’il suscite. Les chapitres sont courts donc ils s’enchaînent vite. La plume de l’auteur est jolie, mais je m’attendais à être plus touchée par les personnages. David Foenkinos s’attarde sur les personnages secondaires mais ils manquent quand même à mes yeux de construction et de profondeur.

De plus, l’auteur fait mal de digressions. Entre chaque chapitre, il glisse des réflexions, des recettes de cuisine, des articles de presse, des résultats de match de foot… en lien direct avec le récit. Si au départ j’ai trouvé ces passages amusants, j’ai fini par les lire en diagonale car je sortais du récit.

Vraiment, je suis passée à côté de cette histoire. Je m’attendais à être davantage touchée par les personnages. Au final, je me demande comment il a pu remporter autant de prix littéraires.

La délicatesse de David Foenkinos, 210 pages, éditions Folio, 7,50€, 9782072767548

Laurine

Les premières lignes #5

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Le Musée invisible

Noah
13 ans

C’est comme ça que ça commence.

Avec Zephyr et Fry, les sociopathes en chef du quartier, me pourchassant à travers bois, et le sol qui tremble sous mes pas à mesure que je fends l’air entre les arbres, totalement paniqué.

– Tu vas crever, chochotte ! hurle Fry.

Alors Zephyr me rattrape, me plaque un bras, puis les deux, dans le dos, et Fry s’empare de mon carnet de croquis. Je me jette sur lui mais je suis manchot, totalement impuissant. Je me débats et tente de me libérer de la poigne de fer de Zephyr. Impossible. Je cligne des yeux pour les transformer en insectes. Non. Ils restent eux-mêmes : deux brutes épaisses de quatre mètres cinquante et élèves de seconde dont le passe-temps favori consiste à jeter des petits mecs de treize ans comme moi du haut des falaises, juste pour rigoler.

Zephyr me fait une clé de bras par-derrière. Son torse exerce une pression contre mon dos, et réciproquement. On baigne tous les deux dans la sueur. Fry commence à feuilleter mon carnet. « Alors, t’as fait de jolis dessins, Bubble ? » Je l’imagine en train de passer sous les roues d’un camion. Il brandit soudain une page. « Hé, Zeph, mate un peu ces mecs à poil ! »

Le sang se fige dans mes veines.

« Ce ne sont pas des mecs. Ce sont des David », dis-je tout en priant pour ne pas avoir la voix d’une gerbille ou pour qu’il ne découvre pas mes croquis les plus récents, c’est-à-dire ceux d’aujourd’hui, que j’ai réalisés en les regardant tous les deux sortir de l’eau avec leurs planches de surf sous le bras, sans combinaison ni rien, hyper luisants de partout et, heu… se tenant la main. OK, j’ai peut-être pris quelques libertés artistiques. Ils vont fatalement penser que… Ils vont me buter avant même de m’avoir tué, voilà ce qui va se passer. Le monde se met à sautiller autour de moi. Je jette des mots au visage de Fry : « Tu sais, Michel-Ange ? Ça te dit quelque chose ? »

Le soleil est pour toi de Jandy Nelson, 468 pages, éditions Gallimard, collection Scripto, 2015

Laurine

Les premières lignes #4

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Couverture Respire

Il est des heures où, depuis la nuit, glisse une ombre froide et incolore. Elle se laisse couler tout le long du couloir central, avant de se faufiler sous les portes en ferraille jusqu’à ce petit espace restreint encerclé par les murs des cellules. Et c’est cette même opacité qui vient nous rendre visite chaque soir, fidèle, inaltérable. On a beau passer des heures à regarder ce vide qui soudain enveloppe le monde sous nos yeux, il arrive que l’on ne puisse plus deviner aucun repère avant la pointe du jour, derrière les grilles électriques qui emmurent la cour, dans ce néant sans fin ni commencement.

Respire de Anne-Sophie Brasme, 190 pages, éditions Le Livre de Poche, 2001, 2253153648

 

J’ai vu l’adaptation cinématographique réalisée par Mélanie Laurent et qui est disponible sur Netflix. Je vous invite à voir ce film qui est l’un de mes préférés. Je l’ai à la fois aimé et détesté.

 

Esprit d’hiver

Couverture Esprit d'hiver

Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzards s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

J’essaye de diversifier mes lectures le plus possible et c’est pour cette raison que je me suis dirigée vers Esprit d’hiver de Laura Kasischke. Il s’agit d’un roman contemporain. Je l’ai lu dans le cadre du readathlon organisé par la chaîne de Eli Watson.

Ce fut une lecture assez décevante et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Dans ce livre, nous faisons la connaissance d’Holly. C’est le matin de Noël et elle vient de se réveiller avec un sentiment bizarre. En effet, elle ne cesse de se répéter : « Une chose les avait suivis depuis la Russie ». Elle et son mari Eric ont adopté il y a des années une petite fille, Tatiana, en Sibérie. C’est aujourd’hui une adolescente. Cette dernière ne cesse d’agir bizarrement.

J’ai trouvé ce roman très très long. Pourtant, il ne fait que 294 pages. Il n’y a aucune action. Nous sommes dans les pensées de Holly et dès le départ on sent que quelque chose ne va pas. L’ambiance est spéciale et la tension monte petit à petit. C’est comme un huit-clos car Holly se retrouve bloquée dans sa maison avec sa fille. Il neige dehors, aucun des invités ne peut venir pour fêter Noël. Son mari a quitté la maison pour aller chercher ses parents à l’aéroport et ne donne plus de nouvelles. Holly reçoit des appels bizarres…

Ce profil :

Les yeux baissés. Le regard fixe. Une beauté ancienne sculptée par une personne dont l’identité s’était perdue dans le temps. Et le message ancien qu’elle portait, qui semblait être : Contemple-moi, je suis là sans être là, issue de toi mais séparée de toi.

Nous voilà partis dans une introspection et des pensées confuses. Il y a tellement de répétitions (Combien de fois lisons-nous le mot « Sibérie » ?), de descriptions inutiles et de retours dans le passé… Ces retours dans le passé sont essentiels à l’histoire, nous le comprenons à la fin du livre mais il y en a tellement dès le départ que ça devient très vite ennuyant. J’avoue avoir lu en diagonale une bonne partie du roman.

Pourtant, malgré tout cela, la plume de Laura Kasischke est agréable. Elle aborde des sujets intéressants, comme la maladie, la reconstruction, les liens mère/fille et l’adoption. La fin est étonnante et surprenante mais l’ensemble ne m’a pas plu du tout ! Dommage.

Esprit d’hiver de Laura Kasischke, 294 pages, éditions Christian Bourgeois, 2013, 20€, 2267025221

Laurine

Les premières lignes #2

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Ouverture

Qu’est-ce qu’on m’avait raconté, déjà ?
J’ai du mal à m’en souvenir parce que ça m’avait semblé incroyable, alors, et ça me semble risible aujourd’hui…
Ah, oui.

Que j’allais souffrir. Parce qu’il voulait toujours avoir le dernier mot. Que si je lui tenais tête, il m’écraserait. Que si au contraire je faisais mine de m’intéresser à ce qu’il raconte, il allait m’assommer, tant il s’écoutait parler. Que tout plein de femmes – infirmières, externes, internes – étaient passées dans son lit, un jour ou l’autre. Que beaucoup de patientes – les plus baisables, évidemment ! – y passaient elles aussi… et qu’il n’avait rien contre les garçons ! Qu’avec – ou peut-être grâce à – ma belle gueule, il essaierait sûrement de me coller dans son lit. Et que si par bonheur je ne l’intéressais pas, il me ferait une vie impossible. Bref : qu’il était insupportable.

Le Chœur des femmes de Martin Winckler, 688 pages, éditions Folio, 2011, 10€30, 9782072722677

Laurine

Quand souffle le vent du nord

Résumé : En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Léo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emma et Léo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.

Dans ce roman contemporain, nous faisons la connaissance de deux personnages, Emma et Léo. Ils ne se connaissent pas. Emma envoie un courriel afin de résilier un abonnement à un magazine. Elle se trompe d’adresse et c’est Léo qui le reçoit. À partir de ce moment-là, ils commencent à discuter et font connaissance.

J’ai adoré ce récit épistolaire 2.0. Écrire un échange d’e-mails est un pari osé et réussi par l’auteur. N’ayez pas peur, malgré cet aspect moderne, l’écriture de l’auteur est travaillée. On assiste à des échanges très intéressants et profonds entre les deux protagonistes. Au départ, j’ai été surprise par cette plume. Les échanges s’approfondissent au fur et à mesure que Emma, surnommée Emmi, et Léo apprennent à se connaître. Nous aussi, nous apprenons via leurs échanges à les connaître. Nous essayons de leur dessiner un visage, nous essayons d’entendre leur voix.

Leur relation évolue petit à petit. Bientôt, des sentiments vont naître. Leurs échanges sont remplis d’humour. J’ai adoré le caractère d’Emma, qui ose beaucoup plus dire les choses que Léo. J’ai moins apprécié le fait que les dialogues tournent parfois en rond.

J’ai beaucoup aimé la signification du titre du livre. Quand souffle le vent du nord n’est pas seulement un titre pour faire joli.

La fin du roman est ouverte. Dans les dernières pages, impossible pour moi de la deviner. Habituellement, je déteste les fins ouvertes. Je les trouve frustrante. Je préfère connaître le sort des personnages, quitte à être déçue. Pourtant ici, je trouve la fin, dans un sens inévitable, et assez juste. Il existe un second tome mais je préfère m’arrêter ici. En tout cas, Quand souffle le vent du nord m’aura réconciliée avec les fins ouvertes. Chapeau pour ça.

Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer, 352 pages, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature, 2011, 7,90€, 9782253157304

Laurine