Nick and Charlie

Couverture Nick and Charlie

Résumé (traduction personnelle) : Tout le monde sait que Nick et Charlie forment le couple parfait, qu’ils sont inséparables. Mais maintenant, Nick part à l’université et Charlie va rester en sixième année (ndlt : équivalent du baccalauréat en France). Tout le monde se demande s’ils vont rester ensemble, ce qui est une question stupide – ils sont « Nick et Charlie » pour l’amour de Dieu !

Mais alors que le moment de se dire au revoir se rapproche inévitablement, Nick et Charlie se demandent si leur amour est assez fort pour survivre à la séparation. Ou sont-ils en train de retarder l’inévitable ? Car tout le monde sait que les premiers amours ne durent pas toujours…

Nick and Charlie: Amazon.fr: Oseman, Alice, Oseman, Alice: Livres anglais  et étrangers
Extrait pages 30 et 31

Dans ce court roman illustré, qui se déroule après Heartstopper et L’année Solitaire, nous retrouvons les personnages de Nick et Charlie.

J’ai vraiment aimé cette lecture. Comme dans tous ses livres, Alice Oseman aborde des sujets importants avec justesse et réalisme. Ici, l’importance de communiquer dans un couple. Charlie se sent mal à l’approche du départ de Nick pour l’université – il va rester seul, son quotidien ne sera plus le même et il a peur que Nick le quitte.

Je suis très attachée aux personnages de Nick et Charlie et je suis ravie d’en savoir plus sur leur futur et sur leur avenir ensemble. J’ai même lâché une petite larme, car c’est dur de les voir se disputer ! Mais ne vous inquiétez pas, c’est aussi une lecture réconfortante et pleine de douceur. La plume d’Alice Oseman est très accessible en anglais, pour ceux et celles qui hésitent à se lancer ou qui n’ont pas envie d’attendre la traduction en français (prévue plus tard dans l’année par Hachette).

It’s like, if you had to provide evidence for soul mates, everyone would pick you two.

Nick and Charlie de Alice Oseman, 177 pages, éditions HarperCollins, 11€, 9780008389666

Laurine

American Royals, tome 1

Couverture American Royals, tome 1

Résumé : Et si une famille royale régnait sur les États-Unis ? Quand les États-Unis ont arraché leur indépendance aux Britanniques, George Washington, général en chef des armées américaines, s’est vu proposer la couronne. Et, au lieu d’insister pour que son pays devienne une république… il a accepté ! Deux cent cinquante ans plus tard, c’est donc la maison Washington qui est à la tête de la première puissance mondiale. Comme la plupart des familles régnantes, elle compte une héritière et un fusible, une éventuelle remplaçante. L’une sera la future reine, l’autre est là pour servir son pays, mais seulement au cas où. Béatrice et Samantha savent depuis l’enfance ce que l’on attend d’elles. Mais elles ne sont pas n’importe quelles princesses. Elles sont américaines, et leur pays est né d’une rébellion…

À seulement vingt-et-un ans, Béatrice, élevée pour régner, a la chance de devenir la première reine du pays, où jusque-là seuls des hommes pouvaient exercer le pouvoir… une réforme du droit de succession a bouleversé son existence, mais son avenir tout tracé devient soudain trop pesant pour elle. Quant à Samantha, elle se soucie peu de briser les règles d’une cour qui se soucie peu de ses incartades – jusqu’au jour où sa sœur est soudain sommée d’épouser l’homme dont elle est tombée amoureuse… Sans oublier Jefferson, le frère jumeau de Samantha, relégué au troisième rang dans l’ordre de succession alors qu’il aurait dû régner, et pris dans une redoutable rivalité amoureuse.

Cela fait un petit moment que j’entends parler de American Royals sur les réseaux sociaux. Quand j’ai vu que les deux tomes étaient disponibles à la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde à les emprunter.

Ce premier tome correspond exactement à ce à quoi je m’attendais : c’est un peu Gossip Girl, version royauté. Secrets, trahisons, manipulations, drames, scandales… Ce livre tient toutes ses promesses.

On suit l’histoire avec quatre points de vue : Celui de Béatrice, la future Reine d’Amérique, Samantha qui est sa sœur cadette, Daphné qui est l’ex petit-amie du prince Jefferson et Nina, la meilleure amie de Samantha et simple étudiante américaine. J’ai aimé suivre l’histoire de cette manière, même si les personnages peuvent se révéler parfois détestables. J’ai apprécié Béatrice et Nina. Au travers de Béatrice, nous voyons quelles peuvent être les difficultés liées au fait de régner. Au travers de Nina, nous voyons les conséquences des rumeurs.

J’ai eu un peu plus de mal avec Daphné, elle a un peu le « mauvais rôle » dans cette histoire. Son personnage est un peu cliché : c’est la méchante de l’histoire, jalouse et prête à tout pour réussir. C’est un peu ce qu’on peut appeler un personnage type. Ses actions sont prévisibles. Quant à Samantha, je l’ai trouvé assez immature : elle reproche à Béatrice de nombreuses choses, notamment son mariage avec Teddy, mais elle oublie qu’il s’agit de la princesse héritière et de la future Reine : les décisions qu’elle prend ne sont pas toujours les siennes. Samantha a grandi dans le milieu de la royauté et je pensais qu’elle serait plus apte à comprendre les agissements de sa sœur.

Pareil pour Connor : il suit de près les histoires de la royauté en étant le garde du corps de Béatrice. Je peux comprendre qu’il l’aime, mais il doit aussi comprendre qu’elle doit faire des sacrifices. Ses réactions ne sont pas non plus logiques. Il n’est pas assez présent pour elle.

De plus, je trouve que les histoires d’amour ne sont pas toujours très crédibles, notamment celle entre Samantha et Teddy. Pour moi, les choses sont beaucoup trop précipitées. Ils se connaissent à peine et se font des déclarations. Cela me fait penser au début du dessin-animé La Reine des Neiges avec Anna et Hans.

Je n’ai pas non plus compris la réaction de Jeff au moment de sa rupture avec Nina. Il ne la croit absolument pas, il n’a aucune confiance en elle, il préfère penser que Daphné est un ange et que les propos de Nina ne sont pas fondés. Leur couple n’est absolument pas solide.

Je m’attendais peut-être à une intrigue plus politique : La maison d’édition compare ce roman à la série Netflix The Crown, dans laquelle on suit l’histoire de la famille royale d’Angleterre. Mais au final, on ne sait pas grand chose de la politique du pays. Certes, on parle du futur règne de Béatrice, des mariages arrangés… mais je m’attendais à en savoir plus sur le système en place, sur la monarchie, sur l’histoire du pays…

– J’ai longtemps voulu être toi. Tu es au centre de toutes les décisions, alors que moi, je ne sers à rien. Mais toi… pourquoi donc voudrais-tu changer de vie ? demanda sa cadette, perplexe.

Jamais l’héritière n’aurait imaginé que Sam puisse être jalouse et lui envier sa place.

– Parce que je n’ai jamais voulu tout ça. Crois-moi, j’ai bien conscience d’avoir de la chance. Après tout, je suis née avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Et pourtant, j’envie tous les habitants de ce pays. Eux, au moins, décident de la direction que prendra leur vie. N’importe quel enfant peut rêver de devenir astronaute, pompier, danseur étoile ou médecin… Moi, personne ne m’a jamais demandé ce dont j’avais envie. Mon avenir était déjà tout tracé.

– Béatrice, souffla Sam, les yeux écarquillés. Tu n’as pas envie de devenir reine ?

– Le problème n’est pas d’en avoir envie ou non. Comme toi, je suis une Washington. Mon destin, c’est d’hériter de la couronne. Je n’ai pas le choix. Toi, si. Tu jouis d’une liberté à laquelle je n’aurai jamais droit.

J’espère voir Béatrice prendre des décisions dans le second tome, afin que l’aspect politique de l’histoire soit plus fort. Par contre, le choix de faire de Béatrice la première Reine d’Amérique est intéressant et je suis curieuse de voir les différentes réactions du peuple. L’autrice préfère ici se concentrer sur les magazines people, l’effet néfaste des réseaux sociaux… En faites, on pourrait transposer ce qu’il se passe dans ce roman à n’importe quel système monarchique établit au 21ème siècle.

Enfin, la maladie du roi n’est absolument pas une surprise, je voyais ça venir dès les premières pages.

Néanmoins, malgré tout ces défauts relevés, ce fut une lecture très addictive, j’ai dévoré ce roman et je suis impatiente de découvrir la suite. Je n’avais pas d’attente particulière donc je ne suis pas déçue !

American Royals, tome 1 de Katharine McGee, 563 pages, éditions Lumen, 2019, 16€, 9782371022287

Laurine

Quand souffle le vent du nord

Résumé : En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Léo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emma et Léo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.

Dans ce roman contemporain, nous faisons la connaissance de deux personnages, Emma et Léo. Ils ne se connaissent pas. Emma envoie un courriel afin de résilier un abonnement à un magazine. Elle se trompe d’adresse et c’est Léo qui le reçoit. À partir de ce moment-là, ils commencent à discuter et font connaissance.

J’ai adoré ce récit épistolaire 2.0. Écrire un échange d’e-mails est un pari osé et réussi par l’auteur. N’ayez pas peur, malgré cet aspect moderne, l’écriture de l’auteur est travaillée. On assiste à des échanges très intéressants et profonds entre les deux protagonistes. Au départ, j’ai été surprise par cette plume. Les échanges s’approfondissent au fur et à mesure que Emma, surnommée Emmi, et Léo apprennent à se connaître. Nous aussi, nous apprenons via leurs échanges à les connaître. Nous essayons de leur dessiner un visage, nous essayons d’entendre leur voix.

Leur relation évolue petit à petit. Bientôt, des sentiments vont naître. Leurs échanges sont remplis d’humour. J’ai adoré le caractère d’Emma, qui ose beaucoup plus dire les choses que Léo. J’ai moins apprécié le fait que les dialogues tournent parfois en rond.

J’ai beaucoup aimé la signification du titre du livre. Quand souffle le vent du nord n’est pas seulement un titre pour faire joli.

La fin du roman est ouverte. Dans les dernières pages, impossible pour moi de la deviner. Habituellement, je déteste les fins ouvertes. Je les trouve frustrante. Je préfère connaître le sort des personnages, quitte à être déçue. Pourtant ici, je trouve la fin, dans un sens inévitable, et assez juste. Il existe un second tome mais je préfère m’arrêter ici. En tout cas, Quand souffle le vent du nord m’aura réconciliée avec les fins ouvertes. Chapeau pour ça.

Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer, 352 pages, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature, 2011, 7,90€, 9782253157304

Laurine

 

Eve Of Man

Couverture Eve of Man, book 1

Résumé : Imaginez qu’aucune femme ne soit née sur Terre depuis cinquante ans. Imaginez qu’enfin, une fille, une unique fille, naisse. L’avenir de l’humanité repose sur elle. Son nom ? Eve. Son destin ? Sauver l’espèce humaine. C’est un sort qu’elle a toujours accepté. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Bram…

J’ai été très très déçue par Eve Of Man. Le résumé est plutôt prometteur. Dans les premières pages, nous retrouvons plusieurs codes du genre de la science-fiction qui fonctionnent bien et l’univers semble intéressant.

Malheureusement, Eve Of Man n’est en réalité qu’une romance clichée à la Roméo et Juliette prenant place dans le futur. L’histoire d’amour entre Eve et Bram est niaise et rapide. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle est aussi très prévisible puisque nous assistons dès le début à une alternance de deux points de vue, entre un personnage féminin et un personnage masculin. La romance prend le dessus sur la science-fiction et j’ai plusieurs fois levé les yeux au ciel.

C’est drôle comme les morts ont parfois plus de réponses à apporter que les vivants.

Il y a également un cruel manque d’informations sur l’univers imaginé par les auteurs. J’attendais plus de réflexions sur la question du genre, de l’égalité entre les hommes et les femmes et sur le féminisme en général… De plus, aucune autre sexualité n’est mentionnée à part l’hétérosexualité, ce que je trouve bizarre.

Le schéma narratif est cliché pour une dystopie young-adult. Je n’ai eu aucun attachement pour les personnages. Ils sont soit tout blanc, soit tout noir. Ils sont très manichéens et lisses. J’imaginais Eve s’émanciper d’elle-même, grâce à une force de caractère et non pas grâce à une histoire d’amour banale et déjà vue dans d’autres histoire de ce genre. Je ne compte pas lire la suite.

Eve Of Man de Giovanna Fletcher et Tom Fletcher, 436 pages, éditions Milan, 2020, 17,90€, 9782408008574

Laurine