Quand souffle le vent du nord

Résumé : En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Léo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emma et Léo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.

Dans ce roman contemporain, nous faisons la connaissance de deux personnages, Emma et Léo. Ils ne se connaissent pas. Emma envoie un courriel afin de résilier un abonnement à un magazine. Elle se trompe d’adresse et c’est Léo qui le reçoit. À partir de ce moment-là, ils commencent à discuter et font connaissance.

J’ai adoré ce récit épistolaire 2.0. Écrire un échange d’e-mails est un pari osé et réussi par l’auteur. N’ayez pas peur, malgré cet aspect moderne, l’écriture de l’auteur est travaillée. On assiste à des échanges très intéressants et profonds entre les deux protagonistes. Au départ, j’ai été surprise par cette plume. Les échanges s’approfondissent au fur et à mesure que Emma, surnommée Emmi, et Léo apprennent à se connaître. Nous aussi, nous apprenons via leurs échanges à les connaître. Nous essayons de leur dessiner un visage, nous essayons d’entendre leur voix.

Leur relation évolue petit à petit. Bientôt, des sentiments vont naître. Leurs échanges sont remplis d’humour. J’ai adoré le caractère d’Emma, qui ose beaucoup plus dire les choses que Léo. J’ai moins apprécié le fait que les dialogues tournent parfois en rond.

J’ai beaucoup aimé la signification du titre du livre. Quand souffle le vent du nord n’est pas seulement un titre pour faire joli.

La fin du roman est ouverte. Dans les dernières pages, impossible pour moi de la deviner. Habituellement, je déteste les fins ouvertes. Je les trouve frustrante. Je préfère connaître le sort des personnages, quitte à être déçue. Pourtant ici, je trouve la fin, dans un sens inévitable, et assez juste. Il existe un second tome mais je préfère m’arrêter ici. En tout cas, Quand souffle le vent du nord m’aura réconciliée avec les fins ouvertes. Chapeau pour ça.

Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer, 352 pages, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature, 2011, 7,90€, 9782253157304

Laurine

 

Eve Of Man

Couverture Eve of Man, book 1

Résumé : Imaginez qu’aucune femme ne soit née sur Terre depuis cinquante ans. Imaginez qu’enfin, une fille, une unique fille, naisse. L’avenir de l’humanité repose sur elle. Son nom ? Eve. Son destin ? Sauver l’espèce humaine. C’est un sort qu’elle a toujours accepté. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Bram…

J’ai été très très déçue par Eve Of Man. Le résumé est plutôt prometteur. Dans les premières pages, nous retrouvons plusieurs codes du genre de la science-fiction qui fonctionnent bien et l’univers semble intéressant.

Malheureusement, Eve Of Man n’est en réalité qu’une romance clichée à la Roméo et Juliette prenant place dans le futur. L’histoire d’amour entre Eve et Bram est niaise et rapide. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle est aussi très prévisible puisque nous assistons dès le début à une alternance de deux points de vue, entre un personnage féminin et un personnage masculin. La romance prend le dessus sur la science-fiction et j’ai plusieurs fois levé les yeux au ciel.

C’est drôle comme les morts ont parfois plus de réponses à apporter que les vivants.

Il y a également un cruel manque d’informations sur l’univers imaginé par les auteurs. J’attendais plus de réflexions sur la question du genre, de l’égalité entre les hommes et les femmes et sur le féminisme en général… De plus, aucune autre sexualité n’est mentionnée à part l’hétérosexualité, ce que je trouve bizarre.

Le schéma narratif est cliché pour une dystopie young-adult. Je n’ai eu aucun attachement pour les personnages. Ils sont soit tout blanc, soit tout noir. Ils sont très manichéens et lisses. J’imaginais Eve s’émanciper d’elle-même, grâce à une force de caractère et non pas grâce à une histoire d’amour banale et déjà vue dans d’autres histoire de ce genre. Je ne compte pas lire la suite.

Eve Of Man de Giovanna Fletcher et Tom Fletcher, 436 pages, éditions Milan, 2020, 17,90€, 9782408008574

Laurine