Le manuscrit inachevé

Couverture Le manuscrit inachevé

Résumé : Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme qui conduisait n’était pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d’un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu’il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l’horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un livre que j’ai lu en vingt-quatre heures. Il s’agit de Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez… Ah Franck Thilliez ! L’un de mes auteurs préférés dans le monde du thriller français. Il m’épate à chaque fois, que ce soit avec ces one-shot ou avec sa série Lucie Hennebelle et Franck Sharko, où nous suivons un duo de flics acharnés. Ici, il s’agit d’un one-shot.

Dans les premières pages, un homme nous explique que son père est un célèbre auteur décédé il y a peu. Derrière lui, il laisse le manuscrit inachevé de son roman appelé Le manuscrit inachevé. En accord avec la maison d’édition, il décide de le publier. C’est donc lui qui a écrit les derniers chapitres du roman que nous lisons.

Nous suivons deux points de vue différents dans Le manuscrit inachevé. Tout d’abord, celui de Léane Morgan, une célèbre autrice de thrillers. Sa fille Sarah est portée disparue depuis quatre ans. Elle vit avec son mari dans une villa appelée L’inspirante. C’est ici que tout va commencer… Son dernier roman, Le manuscrit inachevé, vient de paraître.

En parallèle, une enquête à première vue tout à fait banale. Un jeune de vingt ans échappe à un contrôle de police sur une route du sud de la France et termine sa course dans un ravin… Dans son coffre, les policiers découvrent un cadavre qui n’a plus de visage et une paire de mains. Sympathique, n’est-ce pas ? L’enquête est dirigée par Vic, un flic détesté par son ex-femme, par sa fille… et même par sa chienne. Il détient une mémoire incroyable et peut retenir les moindres détails, même les plus insignifiants.

Un roman est un jeu d’illusions, tout est aussi vrai que faux, et l’histoire ne commence à exister qu’au moment où vous la lisez.

Je ne souhaite pas vous en dévoiler plus. J’ai d’ailleurs fait le choix de raccourcir le résumé proposé par l’éditeur car, à mes yeux, il en dévoile trop et c’est bien dommage ! Car ce que j’aime chez Franck Thilliez, c’est justement cet effet de surprise et les rebondissements qu’il nous propose. Le manuscrit inachevé n’échappe pas à cette règle !

Le personnage de Léane est déterminée à connaître la vérité sur la disparition de sa fille. Ici, la thématique de la mémoire est abordée, que ce soit pour l’amnésie ou au contraire l’hypermnésie. C’est très intéressant. Les chapitres sont courts et les révélations s’enchaînent. Des tiroirs s’ouvrent, d’autres se ferment… Il y a beaucoup de références à Sherlock Holmes.

Impossible pour moi de connaître la fin avant de la lire. Vous vous en doutez, les deux histoires qui semblent totalement opposées l’une à l’autre se croisent pour un final… surprenant !

Beaucoup de personnes semblent déçues par cette fin et je peux le comprendre. Ma première pensée fut « Tout ça pour ça ?! ». En effet, elle paraît expédiée et toutes les réponses ne sont pas données au lecteur. Mais Franck Thilliez joue encore avec nous… Il suffit de savoir lire entre les lignes… Grâce aux indices dispersés entre les lignes, c’est à nous lecteur de décider de la fin qui nous convient ! C’est malin. Si certains souhaitent une aide pour la décoder, n’hésitez pas à me le demander.

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez, 524 pages, éditions Fleuve, collection Noir, 2018, 21,90€, 9782265117808

Laurine

Derniers adieux

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Résumé : A Atlanta, des prostituées disparaissent sans laisser de trace. La seule à s’en soucier : l’agent du FBI, Kimberly Quincy. Mais enquête-t-elle sur des meurtres imaginaires ou sur des crimes parfaits ?

C’est la première fois que je lis un livre de Lisa Gardner et je ne suis pas déçue !

Dans Derniers adieux, nous faisons la connaissance de Kimberly Quincy, une agent du FBI enceinte. Une prostituée est arrêtée. Pendant un interrogatoire, la jeune femme prétend être son informatrice et lui dit que plusieurs prostituées de la ville disparaissent dans des conditions mystérieuses… En parallèle, nous suivons le point de vue d’un adolescent enlevé par celui qu’il surnomme « le Burgerman ».

Tous les éléments sont réunis dans ce thriller pour nous faire passer un bon moment. Lisa Gardner maîtrise son récit. Nous sommes plongés dans une ambiance noire, glauque et dérangeante. En effet, nous assistons à de nombreuses scènes violentes, que ce soit des scènes d’agressions physiques (viol) mais aussi et surtout des scènes de violences psychologiques. Beaucoup de passages sont difficiles à lire. Le personnage du Burgerman est effrayant.

Nous en apprenons aussi plus sur les araignées. Si vous êtes arachnophobe, je ne vous recommande pas la lecture de ce roman. Lisa Gardner joue avec nos peurs et ici, les araignées sont un élément central de l’intrigue. Nous en apprenons beaucoup sur elles, ce livre est très bien documenté.

– Résultat des courses : nous avons maintenant dix femmes disparues, un quarterback mort, une chevalière reliant la disparue A au cadavre B et un homme mystère qui a une araignée au plafond. J’ai raté quelque chose ?

– Dix cadavres.

On s’attache au personnage de Kimberly Quincy. On suit beaucoup sa vie privée. En effet, son mari Mac souhaite qu’elle arrête de travailler sur cette affaire et qu’elle ne mette plus la vie de leur futur enfant en danger en restant à la maison. Mais Kimberly est une enquêtrice acharnée et elle refuse, même si elle est tiraillée par l’envie de se mettre au repos et l’envie de continuer à enquêter. J’ai beaucoup aimé son personnage. C’est une femme forte. C’est aussi intéressant que Lisa Gardner se penche sur cette question de la maternité et les bouleversements qu’elle provoque, que ce soit dans la vie personnelle et dans la vie professionnelle d’une femme.

La plume de Lisa Gardner est fluide et l’alternance des points de vue dynamise le récit et le rend addictif. Nous nous rendons rapidement compte que les deux temporalités sont liées. C’est une histoire qui semble classique au début mais qui se révèle riche en actions et en rebondissements. Une des révélations à la fin m’a beaucoup surprise. Je vous recommande ce thriller !

Derniers adieux de Lisa Gardner, 493 pages, éditions Le Livre de Poche, collection Thriller, 2013, 8,70€, 9782253175827

Laurine

 

Miséricorde

Résumé : Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case…

Cela fait plusieurs années que j’entends parler des enquêtes du département V et je profite de cette période de confinement pour les découvrir. J’ai adoré ce premier tome !

Il s’agit d’un tome d’introduction dans lequel nous faisons la connaissance de deux personnages : Carl Morck, un policier et son nouvel assistant, Hafez el Assad, appelé Assad. Le scénario est assez classique : Carl est tourmenté par un événement. Une de ses enquêtes a mal tourné, l’un de ses coéquipiers et ami est décédé et un autre se retrouve à l’hôpital dans un terrible état.

Dans ce contexte, le département V est créé dans le commissariat dans lequel il travaille. Ce département propose de reprendre des enquêtes non résolues précédemment. Et c’est ainsi que Carl se plonge dans le dossier concernant Merete Lyyngaard, une politicienne danoise qui a disparu mystérieusement sur un bateau, en pleine mer…

Pour moi, le point fort de ce roman est le duo que forme Carl et Assad. Nous ne savons pas grand chose d’Assad. C’est un est réfugié politique syrien. Nous en apprendrons sans doute plus dans les prochains tomes. Je me suis déjà beaucoup attachée à lui. Il a des réactions assez drôles (l’humour est très présent dans ce roman), d’autres qui peuvent paraître assez naïves parfois et pourtant, il se débrouille bien et aide énormément Carl.

J’ai d’ailleurs eu plus de mal avec ce dernier. Son personnage peut sembler un peu « cliché ». Il incarne encore la figure du flic torturé par son passé. Pourtant, c’est un personnage à la fois fort et pleins de faiblesses.  J’attends de voir son développement. La principale chose qui me dérange chez lui sont les nombreuses remarques sexistes qu’il peut avoir vis-à-vis des femmes qui l’entourent. Carl commente souvent leur physique et c’est dérangeant à mes yeux. Il a même eu une remarque homophobe.

Un autre point intéressant est la formation du département V. Nous voyons comment est crée le département V, quels sont ses enjeux et quels sont les enjeux au sein même du commissariat. La situation profite même à certains du point de vue économique puisqu’une subvention est versée. J’ai beaucoup aimé les relations entre les différents policiers, certaines sont conflictuelles et sont bien développées.

L’enquête est passionnante. L’alternance de deux époques dynamise énormément le récit. Nous voulons toujours en savoir plus une fois un chapitre terminé. Le livre se lit très rapidement. Nous suivons l’enquête dans le présent mais aussi le personnage de Merete. Elle est emprisonnée dans une cage. Les années passent et nous découvrons quel sort ses bourreaux lui réservent.

C’est un personnage féminin très fort que j’admire beaucoup. Malgré les événements, elle reste forte, elle essaye de ne pas sombrer dans la folie et ne se laisse pas faire. Elle veut s’en sortir pour retrouver son frère. Leur relation est vraiment belle.

She’d been lying on the floor thinking about books. That was something she often did in order not to think about the life she might have had if only she’d made different choices. When she thought about books, she could move into a whole different world. Just remembering the feeling of the dry surface and inexplicable roughness of the paper could ignite a blaze of yearning inside of her. The scent of evaporated cellulose and printer’s ink. Thousands of times now she’d sent her thoughts into her imaginary library and selected the only book in the world that she knew she could recall without embellishing it… A philosophical little bear named Winnie the Pooh was her salvation. Her only defense against madness. Pooh and all the animals in Hundred Acre Wood.

J’ai été un peu déçue par la fin du livre. En effet, à cause d’une phrase dans le roman, j’ai deviné l’identité de l’un des bourreaux de Merete. Malgré ça, ce fut une très bonne lecture et j’ai hâte d’entamer le deuxième tome et de découvrir une nouvelle enquête du département V.

Miséricorde de Jussi Adler-Olsen, 526 pages, éditions Le Livre de Poche, collection Thriller, 2013, 8,20€, 9782253173618

Laurine

Conséquences

Couverture Conséquences

Résumé : 1969. Angel Rock est une petite localité du sud de l’Australie, austère et abandonnée du monde. Tom Ferry, 13 ans, et son petit frère Flynn disparaissent. Une battue est organisée pour les retrouver, en vain.

Sydney, quelques semaines plus tard. Une adolescente en fugue originaire d’Angel Rock est retrouvée morte dans une maison abandonnée. Le suicide ne fait aucun doute pour les autorités. Mais Gibson, un policier sombre et tourmenté, décide, de poursuivre ses investigations.

Défiant sa hiérarchie, il gagne Angel Rock ou il va mener une enquête qui, bien vite va tourner à l’obsession. Dans cette petite communauté où rien ne s’oublie mais où rien ne se dit jamais, Gibson devra affronter le poids du passé, le sien et celui du village, pour mettre à jour des secrets enfouis depuis trop longtemps.

Je ne sais pas si j’ai aimé ou non ma lecture. Elle ne fut pas désagréable.

J’ai beaucoup aimé le cadre dans lequel se déroule l’histoire. C’est une atmosphère très angoissante, lourde et anxiogène, et ce dès les premières pages. Nous ressentons la chaleur typique de l’Australie. Il y a beaucoup de descriptions et peu de dialogues. Nous comprenons que de nombreux secrets et de non-dits pèsent sur la ville de Angel Rock.

« D’après vous, pourquoi les oiseaux ne sont-ils pas ou tout noirs ou tout blancs ?

– Je sais pas. Pourquoi leurs couleurs se mélangent pas quand ils sont mouillés ? »

Ce roman est beaucoup plus qu’un simple roman policier. On peut le qualifier de roman noir ou de roman de société. Il n’y a pas beaucoup d’actions et de révélations. C’est très lent mais l’alternance de différents points de vue dynamise le récit. Les personnages sont travaillés et développés. Darren Williams s’attarde plus sur la construction de ses protagonistes que sur l’intrigue elle-même. La fin fut précitée et décevante.

C’est donc un roman policier assez particulier et différent de ceux que j’ai pu lire auparavant. Conséquences est une bonne découverte.

Conséquences de Darren Williams, 449 pages, éditions Points, collection Policier, 2013, 8€, 9782757832943

Laurine