Six of Crows, tome 1

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Pendant ce confinement, je souhaitais me plonger dans une lecture réconfortante et dans un univers familier. Certains choisissent Harry Potter, de mon côté j’ai décidé de relire le premier tome d’une de mes sagas préférées : Six of Crows de Leigh Bardugo !

Nous sommes à Ketterdam, une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « Dirty Hands ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : Matthias, un soldat assoiffé de vengeance, Jesper, un tireur d’élite accro au jeu, Wylan, un jeune fugueur des beaux quartiers, Inej, une espionne défiant les lois de la gravité, et Nina, une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant…

Dans les premiers chapitres, nous sommes directement plongés dans cette sombre ambiance, comparable à celle que l’on retrouve dans Peaky Blinders, avec ces guerres de gangs, cette violence et ces bagarres… Chasseurs, sorcières, malfrats et voleurs cohabitent. Nous pouvons être un peu perdus et nous ne comprenons pas tout tout de suite car il faut nous habituer au vocabulaire employé. Cet univers se révèle au fur et à mesure être très riche et très bien construit. Les deux cartes au début de l’ouvrage nous aide à nous repérer et nous apprenons l’histoire de Ketterdam et des Grishas, ces hommes et femmes à la magie détestée ou convoitée…

Quel est le moyen le plus facile de voler son portefeuille à un homme ?

– Un couteau sous la gorge ? répondit Inej.

– Un pistolet dans le dos ? proposa Jesper.

– Du poison dans son verre ? suggéra Nina.

– Vous êtes monstrueux, s’indigna Matthias.

J’aime la noirceur des personnages, ils ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Ce sont des antihéros. Ils sont vendus comme des méchants et ils le sont ! Ils savent parvenir à leur fin dans cette aventure, particulièrement Kaz. Certaines scènes sont d’ailleurs assez violentes. Mais je tiens énormément à eux car ils se révèlent être très attachants. Ils font la force de Six of Crows. Ils sont tous là pour une raison et ils ont tous un rôle à jouer.

Nous accédons à leur point de vue et grâce à des retours en arrière, nous apprenons à les connaître et à connaître leur passé, les liens qui les unis parfois. Ils sont uniques et originaux. Les psychologies sont développées. Ils ont tous des peurs, des faiblesses, des doutes… Ils sont humains. Je souligne aussi que les personnages féminins sont débrouillardes, fortes et savent se défendre ! Elles prennent des décisions. Elles n’ont besoin de personne et c’est appréciable.

– Je suis un homme d’affaires, lui avait-il dit. Ni plus, ni moins.

– Tu es un voleur Kaz.

– N’est-ce pas là ce que je viens de dire ?

Il y a énormément d’humour noir. Les personnages lancent des punchlines parfois piquantes et certains dialogues sont savoureux ! J’ai adoré cette équipe. On ne peut pas prédire ce qui va leur arriver avant la fin. On frémit, on a peur pour eux, on est surpris. C’est hyper addictif et on enchaîne les chapitres ! L’intrigue est rythmée et intéressante. On ne s’ennuie jamais. Il y a beaucoup d’actions et de révélations. La fin en cliffhanger nous donne une seule envie : Nous jeter sur la suite !

Six of Crows, tome 1 de Leigh Bardugo, éditions Milan, 2016, 559 pages, 9782745978622

Laurine

Eve Of Man

Couverture Eve of Man, book 1

Résumé : Imaginez qu’aucune femme ne soit née sur Terre depuis cinquante ans. Imaginez qu’enfin, une fille, une unique fille, naisse. L’avenir de l’humanité repose sur elle. Son nom ? Eve. Son destin ? Sauver l’espèce humaine. C’est un sort qu’elle a toujours accepté. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Bram…

J’ai été très très déçue par Eve Of Man. Le résumé est plutôt prometteur. Dans les premières pages, nous retrouvons plusieurs codes du genre de la science-fiction qui fonctionnent bien et l’univers semble intéressant.

Malheureusement, Eve Of Man n’est en réalité qu’une romance clichée à la Roméo et Juliette prenant place dans le futur. L’histoire d’amour entre Eve et Bram est niaise et rapide. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle est aussi très prévisible puisque nous assistons dès le début à une alternance de deux points de vue, entre un personnage féminin et un personnage masculin. La romance prend le dessus sur la science-fiction et j’ai plusieurs fois levé les yeux au ciel.

C’est drôle comme les morts ont parfois plus de réponses à apporter que les vivants.

Il y a également un cruel manque d’informations sur l’univers imaginé par les auteurs. J’attendais plus de réflexions sur la question du genre, de l’égalité entre les hommes et les femmes et sur le féminisme en général… De plus, aucune autre sexualité n’est mentionnée à part l’hétérosexualité, ce que je trouve bizarre.

Le schéma narratif est cliché pour une dystopie young-adult. Je n’ai eu aucun attachement pour les personnages. Ils sont soit tout blanc, soit tout noir. Ils sont très manichéens et lisses. J’imaginais Eve s’émanciper d’elle-même, grâce à une force de caractère et non pas grâce à une histoire d’amour banale et déjà vue dans d’autres histoire de ce genre. Je ne compte pas lire la suite.

Eve Of Man de Giovanna Fletcher et Tom Fletcher, 436 pages, éditions Milan, 2020, 17,90€, 9782408008574

Laurine