Raffi et la tribu des Sans Bouche

Résumé : Il était une fois, il y a très peu de temps et même toujours maintenant, une drôle de maladie qui avait fait perdre leur bouche aux tribus du monde entier. Raffi, un petit garçon comme on en croise tous les jours, nous fait vivre cette étrange période à sa façon, avec ce qu’il comprend de la situation, nous entraînant à vivre des moments de vie tour à tour tendres, inquiétants et aussi parfois très drôles.

Au début du roman, nous faisons la connaissance de Raphaël et de sa famille. Ses parents tiennent une boulangerie-pâtisserie et Raphaël à une petite sœur, Louise. Il aime se rendre chez sa grand-mère, sa mère lui raconte des histoires, son père est un peu grognon… Bref, un cadre familial sympathique et je pense que chacun peut reconnaître des moments partagés avec ses propres parents. Jusqu’au jour où ce quotidien est bouleversé. Ses parents sont inquiets : le coronavirus arrive en France.
J’ai trouvé ça intéressant de parler de cette façon du confinement et du virus. Si le mot confinement peut faire peur aux enfants, s’ils peuvent ne pas comprendre les enjeux, le transformer en jeu comme le fait la maman de Raphaël permet de dédramatiser la chose.
Raphaël se pose des questions (son père va t’il vraiment partir à la guerre contre le virus ?) ce sont des questions que tous les enfants peuvent être amenés à se poser.
Ce roman nous montre l’imagination débordante des enfants et il y a des scènes assez drôles avec le regard d’enfant de Raphaël.
La police d’écriture est assez grosse et lisible, les illustrations très présentes. Je le conseille à partir de 7 ans.
Je remercie Babelio et les éditions Le Verger des Hespérides pour cette découverte !

Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Babelio.

Raffi et la tribu des Sans Bouche, 88 pages, éditions Le Verger des Hespérides, 12€, 9782365874517

Laurine

Nick and Charlie

Couverture Nick and Charlie

Résumé (traduction personnelle) : Tout le monde sait que Nick et Charlie forment le couple parfait, qu’ils sont inséparables. Mais maintenant, Nick part à l’université et Charlie va rester en sixième année (ndlt : équivalent du baccalauréat en France). Tout le monde se demande s’ils vont rester ensemble, ce qui est une question stupide – ils sont « Nick et Charlie » pour l’amour de Dieu !

Mais alors que le moment de se dire au revoir se rapproche inévitablement, Nick et Charlie se demandent si leur amour est assez fort pour survivre à la séparation. Ou sont-ils en train de retarder l’inévitable ? Car tout le monde sait que les premiers amours ne durent pas toujours…

Nick and Charlie: Amazon.fr: Oseman, Alice, Oseman, Alice: Livres anglais  et étrangers
Extrait pages 30 et 31

Dans ce court roman illustré, qui se déroule après Heartstopper et L’année Solitaire, nous retrouvons les personnages de Nick et Charlie.

J’ai vraiment aimé cette lecture. Comme dans tous ses livres, Alice Oseman aborde des sujets importants avec justesse et réalisme. Ici, l’importance de communiquer dans un couple. Charlie se sent mal à l’approche du départ de Nick pour l’université – il va rester seul, son quotidien ne sera plus le même et il a peur que Nick le quitte.

Je suis très attachée aux personnages de Nick et Charlie et je suis ravie d’en savoir plus sur leur futur et sur leur avenir ensemble. J’ai même lâché une petite larme, car c’est dur de les voir se disputer ! Mais ne vous inquiétez pas, c’est aussi une lecture réconfortante et pleine de douceur. La plume d’Alice Oseman est très accessible en anglais, pour ceux et celles qui hésitent à se lancer ou qui n’ont pas envie d’attendre la traduction en français (prévue plus tard dans l’année par Hachette).

It’s like, if you had to provide evidence for soul mates, everyone would pick you two.

Nick and Charlie de Alice Oseman, 177 pages, éditions HarperCollins, 11€, 9780008389666

Laurine

Cadavre 19

Résumé : « Les morts ne peuvent pas nous parler. » L’affirmation du Professeur Madoc pendant le cours d’anatomie est sans équivoque. Et pourtant, Patrick Fort, son étudiant autiste est persuadé du contraire. Fasciné par la mort depuis le décès de son père lorsqu’il était enfant, Patrick suit des cours d’anatomie à l’hôpital universitaire de Cardiff. Ce jour-là, il doit déterminer la cause de décès du cadavre portant le numéro 19. Une mort naturelle paraît-il. Mais lui a une tout autre intuition, comme si ce corps qui gît sur la table d’autopsie tentait de communiquer avec lui. Et que faire des affirmations de Samuel Galan, ce patient tout juste sorti du coma qui prétend avoir assisté au meurtre de son voisin de chambre, le fameux cadavre 19 ? Alors que Patrick tente d’élucider ce mystère, des secrets vont ressurgir de son propre passé…

Ce fut une bonne lecture. L’enquête est plutôt banale en soit mais s’avère intéressante car on suit cette histoire du point de vue de Patrick, un jeune étudiant en anatomie et atteint du syndrome d’Asperger. Il cherche à comprendre ce que son père a pu devenir suite à sa mort. C’est un personnage qui évolue au fur et à mesure du récit, il est confronté à des événements qui chamboulent son quotidien et qui l’obligent à prendre des décisions sans forcément réfléchir.

J’ai également trouvé la première partie plutôt intéressante – on suit aussi le point de vue d’un homme, Sam, qui vient de se réveiller du coma suite à un accident, qui est en incapacité de parler et qui vient d’assister au meurtre de celui qui dort en face de lui à l’hôpital. Charmant. On ressent toute sa frustration à ne pas pouvoir s’exprimer et à ne pas pouvoir dire ce qu’il a vu. J’ai plutôt bien accroché, surtout avec la révélation qui a lieu au milieu. Toute la partie sur l’anatomie et la dissection était intéressante aussi, je me demande si ça se passe réellement comme cela dans la réalité.

A part ça, la plume de l’autrice s’avère être assez simple, les personnages ne sont pas très marquants ou plus développés que ça donc je ne suis pas attachée à eux. Il y a quand même beaucoup de points de vue différents, j’ai eu parfois du mal à avoir le lien entre l’intrigue au premier plan et celle au second plan. Le point de vue de Tracy ne me semblait pas forcément essentiel à l’ensemble, surtout que son sort est assez flou, mais bon.

Une bonne lecture mais pas inoubliable.

Cadavre 19 de Belinda Bauer, 378 pages, éditions Fleuve, collection Noir, 18,90€, 2265097209

Laurine

Surface

Couverture Surface

Résumé : Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.

Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?

Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture.

Ce que j’apprécie chez Olivier Norek, c’est d’abord le style d’écriture. C’est fluide, direct et percutant, il ne passe pas par quatre chemins et ne s’embête pas avec des descriptions inutiles. C’est juste assez pour que le lecteur s’imagine très bien ce petit village perdu d’Avalone et ses différents habitants.

Ensuite, l’enquête fut passionnante. J’adore quand tout se passe dans des lieux comme celui-ci. Tout le monde se connaît, tout le monde a des secrets… et la fin m’a agréablement surprise !

Enfin, j’ai adoré le personnage principal, No. Elle est charismatique, cynique et parfois très drôle. Les dialogues avec ses coéquipiers et son psychologue peuvent se révéler être vifs, piquants et amusants. Et No est aussi une femme très forte. J’ai adoré suivre sa reconstruction suite à son accident. C’était un plaisir de la suivre et je suis presque déçue qu’il ne s’agisse que d’un one-shot.

Et pas mal le clin d’œil à Claire Favan et Jacques Saussey !

Surface de Olivier Norek, 419 pages, éditions Michel Lafon, 19,95€, 9782749934983

Laurine

Comment faire pire que le premier tome ? American Royals, tome 2

Comment faire pire que le premier tome ? Aujourd’hui, je vais vous parler de American Royals, tome 2.

Ma chronique du tome 1

Résumé : Les États-Unis sont-ils prêts pour leur première reine ?

Comme un premier amour, le pouvoir peut devenir une véritable obsession. La princesse Béatrice en a reçu beaucoup à la naissance. Sa sœur Samantha, un peu moins. Certains, comme Nina Gonzalez, cherchent à lui échapper. D’autres, comme Daphné Deighton, font des pieds et des mains pour l’obtenir…

Tandis que l’Amérique se fait peu à peu à l’idée d’une reine sur le trône, Béatrice apprend à accepter tout ce qu’elle a perdu en échange de la couronne. Quant à Samantha, en revanche, elle se perd tous les jours un peu plus dans son personnage de princesse qui aime un peu trop la fête. Tandis que Nina essaie à tout prix d’éviter le palais – et le prince Jefferson – Daphné voit tous ses plans pour passer la corde au cou de ce dernier soudain compromis par la révélation d’un secret… pour le moins gênant.

Un nouveau règne commence… Les États-Unis sont-ils prêts pour leur première reine ?

Nous retrouvons donc nos personnages là où nous les avons laissés : Béatrice est devenue Reine suite au décès de son père, Nina essaye de retrouver une vie normale suite à sa rupture avec Jefferson, Daphné tente de reconquérir le prince et Samantha espère toujours que sa sœur annule son mariage…

Jefferson est complètement inexistant dans cette suite. Dans le premier tome, il n’existait qu’à travers sa romance avec Nina. Ici, il ne sert plus à rien.

Teddy est un peu plus présent, même si j’ai du mal avec son personnage. Selon moi, il est trop gentil, trop attentionné, trop compréhensif et trop parfait.

Nina est un personnage que je trouve très creux et très vide. Elle ne me fait absolument rien ressentir. Comme la décrit si bien Daphné, « cette fille est d’un ennui mortel » (page 426).

Béatrice est le personnage qui, selon moi, a la meilleure évolution. Elle s’affirme en tant que reine et en tant que personnage politique, même si cela prend beaucoup de temps.

Samantha s’améliore aussi mais j’ai eu du mal à comprendre toutes ses actions (par exemple quand elle raconte tout à Daphné concernant Béatrice et ou qu’elle envoie l’invitation pour le mariage).

Daphné, quant à elle, reste ce qu’elle est : prête à tout pour accéder à un statut social pour élever, au risque de tout perdre. Je suis assez surprise de cette fin. En effet, Daphné obtient ce qu’elle veut et Jefferson passe pour un imbécile. Ou est-il si aveuglé par son amour pour elle qu’il ne se rend compte de rien ?

Concernant le roman en général, je dois l’avouer, comme l’opus précèdent, ce roman est très addictif, je l’ai dévoré alors que j’ai détesté ce que je lisais. Si vous aimez la romance, vous allez être servis : Ce deuxième tome ne tourne qu’autour des histoires d’amour des personnages. Ils n’ont aucune autre préoccupation. Ce n’est pas comme si deux des points de vue étaient ceux de deux membres de la famille royale d’Amérique…

Et encore, je ne comprends pas du tout l’intérêt d’avoir instauré des couples dans le premier tome pour tout détruire par la suite : pour moi, rien n’est réaliste. Les personnages tombent amoureux des uns des autres en un claquement de doigt, on sent bien que cela arrange l’autrice pour le déroulement de l’histoire. C’est plus simple que Nina tombe amoureuse d’Ethan, tiens c’est drôle, Samantha tombe amoureuse de son faux petit-ami, et Béatrice oublie son garde du corps en vingt pages…

Le soucis, c’est la chronologie : Des semaines passent en une phrase, il y a des grandes ellipses, donc on ne suit pas l’évolution des choses. L’autrice veut faire avancer l’histoire et ajouter encore plus de drames, au détriment du développement des sentiments de ses personnages. Idem, la meilleure amie de Daphné (dont j’ai oublié le prénom) se souvient de tout ce qu’elle a oublié de son coma… en cinq lignes. Le temps d’un vertige et c’est réglé. J’ai levé les yeux au ciel.

Dans le résumé, l’éditeur écrit :  « Les États-Unis sont-ils prêts pour leur première reine ? » On n’en sait strictement rien car l’intrigue politique est quasiment inexistante. Pendant les trois cent premières pages, Béatrice se rend à des événements officiels en tant que reine, elle lit des papiers par-ci, par-là. Elle n’est pas autorisée à s’occuper des affaires importantes de l’Etat. Mais, occupée à batifoler, elle n’a pas l’air de trop s’inquiéter. C’est seulement au bout de 300 pages que son personnage évolue enfin. Elle se rend au Congrès, se fait refuser l’entrée sous prétexte que, n’étant pas mariée, elle n’est pas encore digne de prendre des décisions politiques. J’ai apprécié que Béatrice tape du poing sur la table à ce sujet. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas mariée qu’elle n’est pas une bonne dirigeante.

« Les États-Unis sont-ils prêts pour leur première reine ? » On ne sait absolument pas comment le peuple réagit, comment les médias réagissent.

Intégrer un personnage noir pour qu’il serve à évoquer le racisme n’est pas une chose essentielle à mes yeux, cela semble juste un peu de trop mais je ne suis pas directement concernée par cette question.

Des événements m’ont semblé assez invraisemblables et irréalistes : par exemple le moment où Daphné menace la Reine (la Reine !) ou le traitement global de l’amitié de Daphné et sa meilleure amie.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome fut une totale déception. Je n’ai pas compris pourquoi l’autrice est partie dans ces directions. Il y avait clairement du potentiel à imaginer une monarchie aux Etats-Unis au 21ème siècle mais American Royals ne se révèle être qu’une duologie young-adult remplie des clichés typiques de ce genre.

American Royals tome 2 de Katharine McGee, 501 pages, éditions Lumen, 16€, 9782371022904

Laurine

Le Signal

De Maxime Chattam, je n’avais seulement lu que le premier tome de sa saga Autre-Monde. Je ne connaissais donc pas cet auteur dans le domaine du thriller et de l’horreur. C’est pour cette raison que j’ai souhaité découvrir Le Signal. Et je ne sais pas trop quoi penser de ma lecture.

Résumé : La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n’y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

Le résumé avait tout pour me plaire : une famille qui s’installe dans une petite ville des Etats-Unis et qui démarre une nouvelle vie… Des phénomènes paranormaux commencent à apparaître et parallèlement un policier décide de mener l’enquête face à une vague de meurtres sordides et inexpliqués.

D’un côté, j’ai apprécié l’ambiance générale et tout le mystère qui plane sur Mahingan Falls. Cela m’a fait penser à la série Stranger Things, avec cette petite ville coupée du monde, l’intrigue qui commence pendant l’été, cette nature omniprésente, cette forêt… Même si nous sommes à une époque moderne (présence de téléphones portables par exemple), j’avais plus l’impression d’être dans les années 1970 ou 1980.

Maxime Chattam propose une galerie de personnages et de points de vue différents pour que le lecteur puisse suivre cette histoire. J’ai bien accroché avec la bande d’adolescents et avec Ethan, l’enquêteur. Son patron ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues mais il reste accroché à son objectif : découvrir la vérité. Par contre, les autres personnages m’ont laissé de marbre. Je n’ai pas été d’accord avec le traitement du personnage de Derek.

La chair crépitait et le sang commençait à affluer vers la surface, se mêlant à la graisse qui brûlait en produisant un chuintement sonore.

De plus, j’ai rapidement trouvé le temps long… Le roman fait 740 pages en édition grand format et pour moi certains passages auraient pu être effacés sans que ça n’impacte la lecture. Il y a une surenchère de descriptions glauques et écœurantes. Je n’ai pas eu forcément peur, j’ai juste été dégoûtée en lisant certaines scènes. Les seules scènes qui m’ont vraiment fait frissonner sont celles dans les champs, avec les épouvantails.

C’est très frustrant en tant que lecteur de lire Le Signal car tous les personnages ont à faire à des phénomènes paranormaux mais ils attendent un long moment avant de décider d’en parler et de se concerter entre eux. Enfin, on sent que l’auteur s’est inspiré d’autres œuvres, notamment celles de Stephen King (je pense notamment à Ca). Je ne sais pas si c’est voulu ou non.

La fin est rapidement expédiée et ne tient que sur 50 à 100 pages. Les morts des personnages ne m’ont pas forcément émue car je n’étais pas attachée à eux. Le message final me paraît un peu moralisateur.

Le Signal de Maxime Chattam, 740 pages, éditions Albin Michel, 23,90€, 2226319484

Laurine

La délicatesse

Résumé : Tout va pour le mieux pour la belle et discrète Nathalie jusqu’au jour où elle perd l’homme qu’elle aime dans un accident. Elle sort de son deuil d’une façon inattendue, par un baiser anodin avec un collègue de travail qui n’avait a priori rien pour lui plaire.

Dans les premières pages de La délicatesse, nous assistons à la rencontre de deux personnages, Nathalie et François, et au début de leur histoire d’amour. Je pensais que le roman allait tourner autour de cela et que j’allais suivre le développement de leurs sentiments, de leur vie… Pas du tout ! Le drame arrive soudainement avec la mort de François. Nathalie se retrouve seule. On suit alors les jours d’après, comment elle vit cet évènement tragique, les questions qu’elle se pose, les souvenirs qui l’envahissent, mais aussi les réactions de ses collègues et des personnages secondaires qui gravitent autour d’elle (amis, famille, collègues…) Au final, ce roman traite de plusieurs sujets, dont le deuil (les différentes phases, la vision de la société…)

Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi penser de ce roman et j’ai du mal à comprendre l’engouement qu’il suscite. Les chapitres sont courts donc ils s’enchaînent vite. La plume de l’auteur est jolie, mais je m’attendais à être plus touchée par les personnages. David Foenkinos s’attarde sur les personnages secondaires mais ils manquent quand même à mes yeux de construction et de profondeur.

De plus, l’auteur fait mal de digressions. Entre chaque chapitre, il glisse des réflexions, des recettes de cuisine, des articles de presse, des résultats de match de foot… en lien direct avec le récit. Si au départ j’ai trouvé ces passages amusants, j’ai fini par les lire en diagonale car je sortais du récit.

Vraiment, je suis passée à côté de cette histoire. Je m’attendais à être davantage touchée par les personnages. Au final, je me demande comment il a pu remporter autant de prix littéraires.

La délicatesse de David Foenkinos, 210 pages, éditions Folio, 7,50€, 9782072767548

Laurine

American Royals, tome 1

Couverture American Royals, tome 1

Résumé : Et si une famille royale régnait sur les États-Unis ? Quand les États-Unis ont arraché leur indépendance aux Britanniques, George Washington, général en chef des armées américaines, s’est vu proposer la couronne. Et, au lieu d’insister pour que son pays devienne une république… il a accepté ! Deux cent cinquante ans plus tard, c’est donc la maison Washington qui est à la tête de la première puissance mondiale. Comme la plupart des familles régnantes, elle compte une héritière et un fusible, une éventuelle remplaçante. L’une sera la future reine, l’autre est là pour servir son pays, mais seulement au cas où. Béatrice et Samantha savent depuis l’enfance ce que l’on attend d’elles. Mais elles ne sont pas n’importe quelles princesses. Elles sont américaines, et leur pays est né d’une rébellion…

À seulement vingt-et-un ans, Béatrice, élevée pour régner, a la chance de devenir la première reine du pays, où jusque-là seuls des hommes pouvaient exercer le pouvoir… une réforme du droit de succession a bouleversé son existence, mais son avenir tout tracé devient soudain trop pesant pour elle. Quant à Samantha, elle se soucie peu de briser les règles d’une cour qui se soucie peu de ses incartades – jusqu’au jour où sa sœur est soudain sommée d’épouser l’homme dont elle est tombée amoureuse… Sans oublier Jefferson, le frère jumeau de Samantha, relégué au troisième rang dans l’ordre de succession alors qu’il aurait dû régner, et pris dans une redoutable rivalité amoureuse.

Cela fait un petit moment que j’entends parler de American Royals sur les réseaux sociaux. Quand j’ai vu que les deux tomes étaient disponibles à la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde à les emprunter.

Ce premier tome correspond exactement à ce à quoi je m’attendais : c’est un peu Gossip Girl, version royauté. Secrets, trahisons, manipulations, drames, scandales… Ce livre tient toutes ses promesses.

On suit l’histoire avec quatre points de vue : Celui de Béatrice, la future Reine d’Amérique, Samantha qui est sa sœur cadette, Daphné qui est l’ex petit-amie du prince Jefferson et Nina, la meilleure amie de Samantha et simple étudiante américaine. J’ai aimé suivre l’histoire de cette manière, même si les personnages peuvent se révéler parfois détestables. J’ai apprécié Béatrice et Nina. Au travers de Béatrice, nous voyons quelles peuvent être les difficultés liées au fait de régner. Au travers de Nina, nous voyons les conséquences des rumeurs.

J’ai eu un peu plus de mal avec Daphné, elle a un peu le « mauvais rôle » dans cette histoire. Son personnage est un peu cliché : c’est la méchante de l’histoire, jalouse et prête à tout pour réussir. C’est un peu ce qu’on peut appeler un personnage type. Ses actions sont prévisibles. Quant à Samantha, je l’ai trouvé assez immature : elle reproche à Béatrice de nombreuses choses, notamment son mariage avec Teddy, mais elle oublie qu’il s’agit de la princesse héritière et de la future Reine : les décisions qu’elle prend ne sont pas toujours les siennes. Samantha a grandi dans le milieu de la royauté et je pensais qu’elle serait plus apte à comprendre les agissements de sa sœur.

Pareil pour Connor : il suit de près les histoires de la royauté en étant le garde du corps de Béatrice. Je peux comprendre qu’il l’aime, mais il doit aussi comprendre qu’elle doit faire des sacrifices. Ses réactions ne sont pas non plus logiques. Il n’est pas assez présent pour elle.

De plus, je trouve que les histoires d’amour ne sont pas toujours très crédibles, notamment celle entre Samantha et Teddy. Pour moi, les choses sont beaucoup trop précipitées. Ils se connaissent à peine et se font des déclarations. Cela me fait penser au début du dessin-animé La Reine des Neiges avec Anna et Hans.

Je n’ai pas non plus compris la réaction de Jeff au moment de sa rupture avec Nina. Il ne la croit absolument pas, il n’a aucune confiance en elle, il préfère penser que Daphné est un ange et que les propos de Nina ne sont pas fondés. Leur couple n’est absolument pas solide.

Je m’attendais peut-être à une intrigue plus politique : La maison d’édition compare ce roman à la série Netflix The Crown, dans laquelle on suit l’histoire de la famille royale d’Angleterre. Mais au final, on ne sait pas grand chose de la politique du pays. Certes, on parle du futur règne de Béatrice, des mariages arrangés… mais je m’attendais à en savoir plus sur le système en place, sur la monarchie, sur l’histoire du pays…

– J’ai longtemps voulu être toi. Tu es au centre de toutes les décisions, alors que moi, je ne sers à rien. Mais toi… pourquoi donc voudrais-tu changer de vie ? demanda sa cadette, perplexe.

Jamais l’héritière n’aurait imaginé que Sam puisse être jalouse et lui envier sa place.

– Parce que je n’ai jamais voulu tout ça. Crois-moi, j’ai bien conscience d’avoir de la chance. Après tout, je suis née avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Et pourtant, j’envie tous les habitants de ce pays. Eux, au moins, décident de la direction que prendra leur vie. N’importe quel enfant peut rêver de devenir astronaute, pompier, danseur étoile ou médecin… Moi, personne ne m’a jamais demandé ce dont j’avais envie. Mon avenir était déjà tout tracé.

– Béatrice, souffla Sam, les yeux écarquillés. Tu n’as pas envie de devenir reine ?

– Le problème n’est pas d’en avoir envie ou non. Comme toi, je suis une Washington. Mon destin, c’est d’hériter de la couronne. Je n’ai pas le choix. Toi, si. Tu jouis d’une liberté à laquelle je n’aurai jamais droit.

J’espère voir Béatrice prendre des décisions dans le second tome, afin que l’aspect politique de l’histoire soit plus fort. Par contre, le choix de faire de Béatrice la première Reine d’Amérique est intéressant et je suis curieuse de voir les différentes réactions du peuple. L’autrice préfère ici se concentrer sur les magazines people, l’effet néfaste des réseaux sociaux… En faites, on pourrait transposer ce qu’il se passe dans ce roman à n’importe quel système monarchique établit au 21ème siècle.

Enfin, la maladie du roi n’est absolument pas une surprise, je voyais ça venir dès les premières pages.

Néanmoins, malgré tout ces défauts relevés, ce fut une lecture très addictive, j’ai dévoré ce roman et je suis impatiente de découvrir la suite. Je n’avais pas d’attente particulière donc je ne suis pas déçue !

American Royals, tome 1 de Katharine McGee, 563 pages, éditions Lumen, 2019, 16€, 9782371022287

Laurine

Les premières lignes #6

Le principe : chaque dimanche, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Rendez-vous initié par Ma Lecturothèque.

Couverture Des fleurs pour Algernon, augmentée

Conte randu n°1

3 mars. Le Dr Strauss dit que je devrez écrire tout ce que je panse et que je me rapèle et tout ce qui marive à partir de mintenan. Je sait pas pourquoi mais il dit que ces un portan pour qu’ils voie si ils peuve mutilisé. J’espaire qu’ils mutiliserons pas que Miss Kinnian dit qu’ils peuve peut être me rendre un télijan. Je m’apèle Charlie Gordon et je travail à la boulangerie Donner. Mr Donner me donne 11 dolar par semène et du pain ou des gâteau si j’en veut. J’ai 32 ans et mon aniversère est le mois prochin. J’ai dit au Dr Strauss et au proféseur Nemur que je sait pas bien écrire mes il dit que sa fait rien il dit que je dois écrire come je parle et come j’écrit les composisions de la clase de Miss Kinnian au cours d’adultes atardé du Colege Bikman où je vait 3 fois par semène a mes heures de liberté. Le Dr Strauss dit d’écrire bocou tou ce que je panse et tou ce qui m’arive mes je peux pas pansé plus pasque j’ait plus rien a écrire et je marété pour ojourdui.

Charlie Gordon

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, 542 pages, éditions J’ai Lu, 2012, 6,90€, 9782290032725

Laurine

Plateau

Couverture Plateau

Résumé : Plateau, c’est un hameau en Haute-Corrèze où réside un couple de vieux paysans, Virgile et Judith. Judith, est maintenant atteinte d’Alzheimer, elle oublie tout sauf une chose : elle a mal vécu l’absence d’enfant dans le foyer. Le couple a élevé Georges, ce neveu dont les parents sont morts d’un accident de voiture alors qu’il avait cinq ans. Maintenant Georges vit dans une caravane face à la maison de Virgile et Judith. Alors lorsque Cory, la nièce de Judith, emménage chez Georges, lorsqu’un ancien boxeur, Karl, tiraillé entre ses pulsions sexuelles et sa croyance en Dieu vient s’installer dans une maison du hameau et qu’un mystérieux chasseur sans visage rôde alentour, Plateau prend des allures de village où toutes les passions se déchaînent.

J’entends parler de Franck Bouysse depuis plusieurs mois, notamment suite à la sortie de son roman Né d’aucune femme chez les éditions de la Manufacture et disponible en poche depuis le mois d’août. C’est avec Plateau que je découvre la plume très particulière de cet auteur.

Je m’attendais à un roman policier, Plateau s’avère être différent de ce que j’imaginais. Pour moi, il s’agit plus qu’un roman policier. Ma lecture me rappelle celle de Conséquences de Darren Williams.

Tapi sous les branches basses d’un épicéa, le chasseur tient le fût de sa carabine à main droite, la crosse repose sur une rangers. Le poste d’observation idéal, ce flanc de vallon boisé de conifères, d’où il peut épier l’ensemble du hameau. Il pointe son arme vers la ferme de Virgile, porte un œil à sa lunette. Un étrange spectacle se joue en contrebas. La vieille est en train de tuer un poulet sans se soucier du sang qui gicle sur sa robe. Puis elle balade le cou entre ses jambes et ses lèvres tremblent en même temps. Lui la regarde posée comme une statue.

Le lecteur est plongé dans une ambiance rurale et sombre, dans un endroit coupé de toute civilisation. Sur ce plateau évoluent plusieurs personnages, torturés par des non-dits et des secrets familiaux. Une menace rode autour d’eux. L’identité de ce « mystérieux chasseur sans visage » est d’ailleurs facile à deviner mais cela n’enlève rien à la force de roman qui, pour moi, réside dans ses personnages.

Nous apprenons à les connaître en découvrant leur passé et leurs secrets. Ce roman est sombre, le style de l’auteur est travaillé. Il y a beaucoup de métaphores, de poésie et j’ai parfois eu du mal à me projeter dans cette campagne car le vocabulaire employé n’était pas familier. La nature est aussi un personnage de ce roman. La fin est violente et percutante.

Pour conclure, cette lecture change de celles que je peux avoir d’habitude, moi qui suis habituée à des policiers nordiques où les rebondissements et les révélations sont au cœur de l’intrigue et dans tous les chapitres. J’ai passé un très bon moment et je suis curieuse de découvrir d’autres livres de Franck Bouysse.

Plateau de Franck Bouysse, 384 pages, éditions Le Livre de Poche, 2017, 7,60€, 9782253164173

Laurine